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La Bomboniera Festival du paysage de Rome

rôle sur la mission : Bloom paysagiste concepteur

client : Festival del verde e del paesaggio

localisation : Rome Parco della Musica

programme : l’amour dans le jardin : installation d’un micro-jardin à l’intérieur d’une volière pour bourdons

date : 2016

équipe : Sara Trippanera (bloom), Valeria Baldassarre, Alice Materia, Sara Montani

La Bomboniera Festival du paysage de Rome

La Bomboniera est une étape d’un parcours, elle doit être un passage, une voie, un pont. «Le jardin et l’amour» sont des chemins déjà parcourus qui nous invitent dans ce dispositif à être traversés à nouveau et à être découverts de manière inédite. L’art est toujours un pont entre ce qui est visible et ce qui soutient son expérience sensible, un invisible. Dans ce dispositif, le pont à franchir nous demande un passage d’un point de vue anthropocentrique sur l’amour à une histoire qui fait du monde végétal et de ses mouvements le protagoniste de l’amour et de cet invisible.
L’idée d’amour proposée par l’oeuvre est celle de la symbiose, de ce processus d’infrastructures qui restent imperceptibles à l’échelle humaine et dont le processus de pollinisation n’est qu’une partie. L’ensemble de structures unicellulaires ou pluricellulaires qui animent le sol établit les conditions d’existence du vivant dans une dynamique de nécessité mutuelle. Les lentilles disposées sur la coupole géodésique, réalisée à partir de modules en bambou, permettent de voir à l’intérieur de la structure le processus de pollinisation et rendent visible ce qui n’est pas couramment perceptible dans une dimension plus étendue.
La Bomboniera nous demande une conversion de regard sur l’amour, et pour le faire, une perte de nos repères habituels, une perte de contrôle sur ce qui peut être considéré comme acquis et une perte de soi qui est propre à cette «non-prise de soi au sérieux» comme dans l’ironie. Et de l’ironie de vouloir présenter le jeu de l’amour dans cette dimension inhabituelle naît le titre même du dispositif, la Bomboniera : une maison d’abeilles pollinisatrices, une structure ouverte qui sollicite l’interaction du spectateur.
À travers la Bomboniera, la symbiose dépasse la dimension purement trophique de l’acquisition et du maintien d’un ou plusieurs organismes par un autre, chère à son premier observateur Anton De Bary et en général aux sciences naturelles de la fin du XIXe siècle. La symbiose devient un potentiel d’acquisition de nouvelles capacités métaboliques de son partenaire, comme l’a suggéré plus récemment la biologiste Lynn Margulis.

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